ZurichPhotographe arrêté sur ordre du roi thaïlandais?
La police cantonale zurichoise a interpellé un professionnel qui voulait photographier Maha Vajiralongkorn à son arrivée à Kloten (ZH). L'intervention aurait été déclenchée par l'entourage du roi.

Le roi de Thaïlande, Maha Vajiralongkorn, fait encore parler de lui. La semaine passée, il a fait les gros titres pour ses vacances dans un quatre-étoiles de Garmisch-Partenkirchen (All) avec un harem de vingt concubines alors que son pays traverse une période difficile. Il attire désormais l'attention sur lui à cause de l'arrestation musclée d'un photographe suisse, mardi, à l'aéroport de Zurich.
Selon «Blick», le professionnel avait été mandaté par le journal allemand «Bild» afin de photographier Maha Vajiralongkorn à son arrivée à Kloten (ZH)...alors que le trafic aérien est fortement restreint en raison du coronavirus.
Caméra allumée
Le roi de Thaïlande, qui doit être couronné dans trois jours, a annoncé son quatrième mariage avec sa compagne de longue date.
Pour cela le photographe s'est installé dans un espace public de l'aéroport et a commencé à prendre en photo le jet royal. Interrogé, il explique: «Des agents de sécurité du roi ont commencé à me prendre en photo. Et j'ai vu comme ils téléphonaient, l'air nerveux.» Peu après, se souvient le Suisse, des agents de police de la police cantonale zurichoise se sont approchés de lui. Ce qui a suivi a été enregistré par une caméra du photographe, allumée au moment des faits.
Les policiers lui ont d'abord demandé d'arrêter de photographier. Et avant même qu'il puisse prendre un cliché du roi, les agents lui ont passé les menottes. «Une fois dans la salle d'interrogatoire, la police m'a dit que l'intervention avait été déclenchée par l'entourage du roi», raconte le photographe à «Blick». Et d'ajouter: «Ensuite on m'a reproché toute une série de choses, qui n'ont finalement pas pu être confirmées, comme avoir forcé une porte, m'être soustrait à un contrôle de police ou potentiellement être un terroriste.»
Réponse vague
Quand les agents ont compris que le photographe n'avait rien fait de mal, ils l'ont laissé repartir tout en lui offrant les frais de parking. «Mais avant ça, ils ont visionné mes photos. Probablement pour être sûrs que je n'avais pas photographié le roi.»
«Blick» a contacté la police zurichoise pour avoir des explications. Le journal a notamment voulu savoir pourquoi le photographe a été arrêté, pourquoi on lui a remboursé les frais de parking et sur quelle base légale la liberté de la presse a été ignorée dans ce cas précis. Dans leur réponse, les forces de l'ordre sont restées très vagues: «Une personne affirmant travailler dans le domaine des médias s'est opposée à un contrôle de personne. C'est pour cette raison qu'elle a été arrêtée.»