Nord vaudoisUn père pédophile laissé deux ans en totale liberté
Après des attouchements sur sa fille, il a fallu plusieurs autres délits pour que l'homme soit enfin incarcéré.

Il est établi que l'homme a consommé de la pédopornographie en ligne depuis 1999.
iStock/Image prétexteSuperboulette pour un super-pervers, qu'une procureure n'a fait enfermer qu'à sa 5e audition. Pas content d'être en prison, ce père vient de voir son recours rejeté.
En étudiant sa requête, les juges cantonaux se sont étonnés de la mansuétude du Ministère public à son endroit, trouvant «peu compréhensible que sa détention n'ait pas été ordonnée en 2017 et qu'aucune mesure de sécurité n'ait été mise en place».
Cet été-là, alors que sa fille n'avait que 4 ans, il a fait en sorte qu'elle lui prodigue une masturbation. Il a aussi pratiqué des attouchements sur elle et en a diffusé les images sur le Darknet, prenant soin de masquer son propre visage, mais pas celui de son enfant.
Risque élevé de récidive diagnostiqué
Arrêté, il a admis les faits. Mais le père est ressorti libre après s'être engagé à suivre un traitement et à éviter le domicile familial. Mais par la suite, il est apparu que l'homme avait téléchargé 10'000 fichiers pédopornographiques et mis à la disposition d'autres pédophiles des photos de sa fille. De nouveau interrogé, il a cette fois encore été laissé en liberté. Rebelote après une autre audition, en mai 2018, alors même qu'une expertise psychiatrique avait conclu à un risque élevé de récidive.
Quand, en mai 2019, le pervers a rechuté, il n'a toujours pas été envoyé en prison. Pourtant, la police avait trouvé chez lui de nouveaux fichiers pédopornographiques et des photos d'enfants de 10 à 12 ans, prises avec son smartphone dans la rue et le train, via une app qui permet de se passer du bouton déclencheur. Il a enfin été arrêté en octobre dernier. Il aura fallu deux ans...
Plaintes d'enfants classées un peu vite
La Chambre des recours pénale du canton de Vaud vient de retoquer une autre décision surprenante, prise cette fois par la présidente du Tribunal des mineurs. La magistrate avait classé les plaintes d'un garçon et d'une fille de respectivement 12 et 17 ans, abusés par le fils du compagnon de leur mère alors qu'ils avaient moins de 10 ans. Les plaintes évoquent le visionnage de porno et des pénétrations. Les faits ont été partiellement admis. Et une procédure sera donc ouverte.