Université de genèveCéline Amaudruz après son attaque ratée à la chantilly: «J’étais tétanisée!»
Des militants d’extrême gauche ont fait irruption et tenté d’entarter la vice-présidente de l’UDC Suisse lors d’un événement organisé à Uni Mail, mercredi. L’élue a porté plainte et regrette le laxisme de l’alma mater.

Un débat à l’Université de Genève (Unige) a tourné à la tentative d’entartage, mercredi dernier. Invitée en tant que membre du jury lors d’une joute oratoire organisée par deux associations étudiantes, Céline Amaudruz a été prise pour cible par des militants d’extrême gauche. «C’est une situation inacceptable, déplorable et inquiétante», a réagi la vice-présidente de l’UDC Suisse, qui a porté plainte pour tentative de lésions corporelles simples et voie de fait, samedi.
«Je me suis sentie menacée»
«Neuf personnes encagoulées portant des masques anti-Covid ont distribué des flyers contre l’élue genevoise dans l’enceinte de Uni Mail», relate Marco Cattaneo, porte-parole de l’Unige, confirmant une information du «GHI» et de «Blick». Puis, deux d’entre elles ont fait irruption dans la salle où se déroulait l’événement. «Ils m’ont foncé dessus en criant: «Dégage Amaudruz, tu pues.» Je ne connaissais pas leurs intentions. Je me suis sentie menacée. J’étais tétanisée», confie la victime, encore sous le choc.
Munis d’une assiette de crème chantilly, ils ont tenté, sans succès, de l’entartrer. Du purin d’ortie a également été jeté sur l’assistance. Plusieurs membres du Club Genevois de Débat et de Foraus, à l’origine de la rencontre, ainsi qu’une amie de la cible ont essayé de s’interposer. «Elle s’est mise devant moi pour me protéger. Elle en tremble encore.» C’est finalement l’arrivée d’un agent de sécurité qui a fait fuir les assaillants.
Revendications et menaces
Sur le site internet de gauche radicale Renversé, des militants ont revendiqué l’attaque, indiquant que l’UDC n’était pas la bienvenue à l’Université. «Nous avons tenté d’entrer dans la salle afin de distribuer des flyers, répandre quelques mauvaises odeurs et surtout bien faire comprendre que Genève reste antifasciste.» Si leur opération n’a pas fonctionné comme prévu, selon eux, ils annoncent ne pas en rester là. «La prochaine fois, ça ne se passera pas de la même manière. On sera plus nombreux, plus organisés, plus déterminés et plus prêts à en découdre !», peut-on lire dans un communiqué. Pour Céline Amaudruz c’en est trop. Elle prévoit de compléter sa plainte, notamment pour menace.
Ces personnes sont l’illustration même de l’intolérance qu’ils prétendent dénoncer
«Cette tentative d’interruption et d’entartage avortée est absolument contraire à tout ce que nous faisons ici. Ces personnes sont l’illustration même de l’intolérance qu’ils prétendent dénoncer», regrette Marco Cattaneo. Et d’ajouter que l’alma mater assure tout son soutien à la conseillère nationale et se réjouit qu’elle ait fait le choix de rester jusqu’au bout des débats, qui ont pu reprendre après le départ des agresseurs, dont l’identité reste inconnue.
Réaction de l’Uni décevante
Cet incident n’est pas le premier du genre à l’Université. En avril et en mai derniers, deux conférences avaient été interrompues par des militants. Si l’Université est attentive à la problématique, elle tient à «rester un lieu ouvert» et ne veut pas «se barricader». Elle prévoit de rencontrer les membres des associations organisatrices de l’événement dès la rentrée afin de faire toute la lumière sur cette affaire et prendre les dispositions nécessaires. Une réaction loin d’être suffisante, estime Céline Amaudruz, déçue de son échange avec le recteur qu’elle a interpellé à ce sujet vendredi. «Pour lui, l’événement a pu suivre son cours, donc tout va bien. Si c’est ça sa réaction à la violence des gens, ça ne me convient pas. Cette situation s’est déjà produite à plusieurs reprises. Ce n’est pas normal.»