Votations du 18 juinRéactions ravies au «oui» à la loi climat, alors que l’UDC veut revenir au nucléaire
Malgré des sondages qui inquiétaient les partisans de la loi climat, cette nouvelle mouture a passé la rampe. Elle récolte 59% de oui, selon les résultats définitifs.
Les écologistes s’évitent une seconde gifle. Avec 59% de oui, la nouvelle mouture de la loi climat a été acceptée par le peuple suisse ce dimanche. Vaud, Genève et Bâle-Ville font partie des cantons les plus favorables à la loi, tandis que Obwald, Nidwald, Schwyz, Soleure ou encore Saint-Gall ont opté pour le non.
Réactions satisfaites
Les auteurs de l’Initiative pour les glaciers, retirée au profit de la loi climat qui avait été conçue comme un contre-projet, se sont réjouis sur Twitter de l’acceptation de la loi. Scientifique et militant pour le climat, le professeur Dominique Bourg a salué une victoire contre «les mensonges, le déni, la bêtise crasse» des opposants. Le PS et les Verts ont rappelé leur intention d’aller de l’avant avec une initiative pour un fonds climat, ainsi qu’une initiative des Verts pour multiplier encore les panneaux solaires.
De son côté, l’association actif-trafiC a appelé à se servir de ce signal pour stopper les «infrastructures nuisibles» comme les projets autoroutiers. L’ATE l’a rejointe en demandant des efforts du côté de la mobilité, entre autres, ferroviaire. Même EconomieSuisse a salué ce résultat, et appelé les entreprises à œuvrer intensivement «en faveur de la sécurité de l’approvisionnement énergétique».
L’UDC veut du nucléaire, et vite
Le parti de droite, seul dans la bataille pour le non à la loi climat, a fait part de sa déception par la voix du Fribourgeois Pierre-André Page sur la RTS. Il estime qu’on «met la charrue avant les bœufs» en soutenant le «tout-électrique» avant de garantir l’approvisionnement de cette énergie.
L’UDC demande également, maintenant, des mesures urgentes pour créer de nouvelles centrales nucléaires, afin d’éviter «des pénuries d’électricité dévastatrices» ainsi qu’une explosion des coûts. Elle appelle le PLR et le Centre à s’engager avec elle dans cette voie, combattue à gauche et bannie en Suisse par le vote des Suisses pour la Stratégie énergétique 2050. Un récent sondage montre toutefois que ceux-ci sont de nouveau en faveur de l’atome.
Retrouvez les détails des résultats en direct ici.
Vaud accepte aussi sa loi climat
Vaud dit également oui à sa loi climat cantonale, qui demande que la protection de la biodiversité et du climat soit inscrite comme but dans l’action de l’Etat. La neutralité carbone est également visée pour 2050. Les résultats définitifs font état de 64% de votes en faveur de l’initiative.
Pour rappel
La Suisse doit cesser d’émettre des gaz à effet de serre d’ici 2050, ou les compenser pour arriver au «net zéro». C’est le consensus trouvé en 2022 au Parlement suisse comme dans de nombreux pays du monde (dont les Etats-Unis et l’Union européenne, et la Chine d’ici 2060).
Pour atteindre ce but, il faut des mesures, et il faut bien les choisir, car c’est bien cela qui avait fait échouer la loi CO₂ dans les urnes, la première proposition pour la protection du climat en 2021. Elle consistait en effet largement en des taxes (sur l’aviation, le mazout et le gaz notamment). Cette fois, pas de taxe, mais des investissements pour diminuer l’utilisation de charbon, de gaz et de pétrole.
Le texte propose d’engager au total deux milliards de francs sur dix ans pour des chauffages écologiques, l’isolation des bâtiments, ou encore l’innovation technologique dans les entreprises. Il veut aussi renforcer la protection contre les conséquences du dérèglement climatique, comme les sécheresses, les inondations, les éboulements ou les laves torrentielles. Des objectifs intermédiaires ont été fixés.
Pensée comme contre-projet à l’initiative sur les glaciers, retirée depuis, la loi est soutenue par tous les grands partis sauf l’UDC, et par les associations actives contre le réchauffement climatique. Ceux-ci estiment que l’effort pour le climat est nécessaire, soutiendra l’indépendance énergétique du pays, tout en boostant l’innovation et l’emploi. Mais l’UDC dénonce une interdiction déguisée de l’essence, du mazout et du gaz, créant une demande démesurée d’électricité. En pleine crise énergétique, elle craint que cela ne se traduise par des coûts écrasants pour les ménages.
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