Protections hygiéniques dans les écoles vaudoises

Actualisé

Canton de VaudDes protections menstruelles gratuites distribuées dans les lieux de formation

Le Gymnase de Renens et l’Ecole professionnelle de Montreux font partie des sept établissements du canton à bénéficier de protections hygiéniques gratuites, dans le cadre d’un projet pilote.

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Pour lutter contre la précarité menstruelle, le Département vaudois de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC) lance mercredi un projet pilote pour garantir et faciliter l’accès à des protections périodiques dans les lieux de formation de la scolarité obligatoire et postobligatoire, annonce-t-il dans un communiqué. Le Grand Conseil vaudois avait accepté un postulat en mars dernier demandant l’installation de distributeurs de protections menstruelles dans les écoles et les bâtiments de l’État. Sept établissements scolaires et de formation vaudois, dont le Gymnase de Renens et l’Ecole professionnelle de Montreux, en bénéficient désormais, tout comme les EPS de Blonay-Saint-Légier, Corsier, Lutry, Orbe, et Préverenges.

Précarité menstruelle

La sensibilisation et la prévention font partie intégrante de ce projet, qui vise non seulement des objectifs d’égalité entre femmes et hommes, mais aussi de lever le tabou lié aux règles, annonce le DFJC. Une enquête réalisée en France a démontré que 10% des femmes déclaraient parfois renoncer à changer de serviette ou de tampon aussi souvent que nécessaire par manque d’argent. Et 6% relevaient que leurs filles avaient déjà manqué l’école ou les cours, faute de protections menstruelles à disposition.

Serviettes et tampons: des produits de luxe

En Suisse, les protections hygiéniques ne sont pas considérées comme des biens de première nécessité. Au regard de la loi sur la TVA, elles font partie de la catégorie des produits de luxe et sont donc taxées à hauteur de 7,7%.

Actuellement, dans les lieux de formation vaudois, les infirmeries scolaires délivrent des produits «en cas de besoin», aux jeunes filles qui le demandent. Le DFJC rappelle que les règles ne sont pas toujours prévisibles et peuvent arriver durant la journée d’école, d’où l’importance de l’accessibilité des protections hygiéniques. Cette première phase-test permettra ainsi d’analyser la situation et de mesurer les besoins avant une éventuelle généralisation de la mise à disposition gratuite de protections menstruelles au postobligatoire, puis à l’obligatoire.

Réflexion autour des règles

Dès le début de l’année 2022, 45 autres établissements seront équipés afin de se joindre à la phase pilote, dont le coût est estimé à 160'000 francs. Des projets de promotion de la santé et de prévention seront aussi menés dans les écoles, notamment avec l’appui de la fondation PROFA, et permettront de mener une réflexion sur les menstruations avec les jeunes.

Tavannes (BE), pionnière

La commune bernoise de Tavannes a été la première à offrir des protections hygiéniques dans les établissements scolaires l’an dernier. Le Jura a aussi adopté en mars une motion en ce sens. Mais à Berne et en Valais, la mesure n’a pas convaincu. Les deux cantons ont refusé les demandes déposées à ce sujet.

(lvb)

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