Universités occupéesÉtudiants pro-Gaza à Genève et à l'EPFL, la police évacue l'EPFZ
La Coordination étudiante Palestine UniGE demande à l'alma mater «une prise de position claire sur le génocide» à Gaza. À l'EPFL aussi, la contestation s'étend.
Les images de l'occupation à Uni-Mail.
lhu/20 minutesLa Coordination étudiante pour la Palestine (CEP) occupe depuis ce mardi midi le hall d'Uni Mail. Elle porte en particulier trois revendications: que le rectorat prenne «une position claire sur le génocide perpétré à Gaza et sur la nécessité d'un cessez le feu immédiat»; et que l'Université de Genève (Unige) rompe «sans délai ses liens avec les universités israéliennes» et adopte «une politique proactive d'accueil et de soutien aux étudiants et chercheurs palestiniens, comme cela a été fait pour les personnes ukrainiennes».
A midi et demie, une centaine de personnes se sont réunies dans le hall d'Uni Mail, à l'Université de Genève. «On ne bougera pas tant que l'Unige n'aura pas répondu favorablement à nos demandes», ont-elles déclaré. Des représentants de l'alma mater ont ouvert le dialogue avec les occupants, «mais leur position est frileuse. Nous ne voulons pas d'intermédiaires, nous voulons parler directement à la rectrice, Audrey Leuba», a fait savoir l'une des membres de la CEP. Et d'ajouter que si leurs revendications ne sont pas entendues, «il y a une volonté claire de passer la nuit ici et d'organiser une occupation 24h sur 24h». Une assemblée générale pour faire un point sur la situation est prévue à 16h.
Le rassemblement estudiantin se veut pacifiste et les organisateurs veillent à ce qu'il n'y ait ni débordement ni dérive. «On ne tolère aucune discrimination, discours antisémite ou islamophobe.» Durant la pause de midi, on pouvait voir les étudiants jouant aux cartes ou partageant un repas.
«Je trouve bien que de plus en plus d'universités rejoignent le mouvement. C'est une manière de tirer la sonnette d'alarme. Je suis Palestinien et ça me paraît légitime de revendiquer la liberté d'expression au nom de mon peuple», confie Zaid, étudiant en psychologie. Un autre étudiant en droit, lui, est là «pour dénoncer l'inaction de l'Université de Genève. Lors de l'agression de l'Ukraine par la Russie, il y a eu une prise de position claire. Pour Gaza, rien. Ne pas prendre position, c'est déjà se positionner.»
«Les cours ont lieu normalement»
De son côté, le porte-parole de l'Unige, Marco Cattaneo se dit très satisfait de la manière dont l'événement se déroule. «On constate qu'il y a une vraie volonté de dialoguer et une attention particulière pour protéger les conditions de ce dialogue. L'occupation se fait dans le respect des normes de sécurité et n'entrave pas l'activité de l'université. Les cours ont lieu normalement.» Le communicant ne se prononce en revanche pas sur les revendications de la CEP.
«Une réflexion collective sur le rôle de l'Université dans ce type de débat a officiellement été lancée hier (lundi)», annonce pour sa part Frédéric Esposito, directeur du Bachelor en relations internationales. Mandaté par le rectorat afin de mener cette mission à bien, le professeur relève que «la situation à Gaza a joué le rôle de catalyseur. L'indignation des étudiants est légitime. Il faut les accompagner, les entendre et les recevoir.»
Indignation à l'EPFL aussi
Dans un communiqué, la CEP explique agir par solidarité avec le peuple palestinien d'une part, mais aussi avec les étudiants vaudois «qui ont occupé le hall du Géopolis à l'Université de Lausanne, et avec l'association Poliquity qui a été suspendue par l'EPFL pour avoir osé parler de la Palestine».
Du côté de l'EPFL aussi, des étudiants ont commencé l'occupation du hall d'un des bâtiments. «Cette occupation est le résultat d’une indignation quant à l’implication de l’EPFL dans le risque de génocide en Palestine et les efforts de l’école, depuis plusieurs mois, à censurer toute voix avec un avis contraire au sien», écrivent les étudiants.
Des manifestants propalestiniens occupent depuis jeudi dernier un hall du bâtiment Géopolis à l’Université de Lausanne.
Évacuation de l'EPFZ
A l'EPFZ aussi, on a manifesté. Une soixantaine d'étudiants ont quitté les salles de cours pour mener un sit-in, peu après 11h30. La police a commencé l'évacuation desdits manifestants aux alentours de 13h45. Ceux qui résistent risquent d'être dénoncés.
Interpellations à l'international
Au-delà des frontières suisses, les manifestations étudiantes sont marquées par une forte répression des autorités. Mardi, la police néerlandaise a dispersé un campement étudiant sur le campus de l'université d'Amsterdam, résultant par l'interpellation de 125 manifestants. En France, les forces de l'ordre ont évacué Sciences Po Paris, qui était encore occupé vendredi par une centaine de militants pro-Gaza. Outre-Atlantique, la vague de soutien au peuple palestinien s'est fait aussi ressentir, à l'instar de l'université de Boston, où une centaine d'étudiants ont été interpellés fin avril.