Genève: Pétition contre «l’exploitation débridée» de l’aéroport

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GenèveUne pétition attaque «l’exploitation débridée» de l’aéroport

Pour lutter contre le bruit, le texte demande une «diminution drastique» du trafic aérien après 22h, ainsi qu’avant 7h en semaine, et 8h le week-end. Il a recueilli plus de 1800 signatures.

Lundi matin, la Coordination régionale pour un aéroport urbain respectueux de la population et de l'environnement (CARPE) a remis la pétition au Conseil d’Etat.

Lundi matin, la Coordination régionale pour un aéroport urbain respectueux de la population et de l'environnement (CARPE) a remis la pétition au Conseil d’Etat.

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En ce lundi matin, les pétitionnaires ont bravé la pluie. Objectif: déposer devant le Conseil d’Etat et le Conseil fédéral les 1834 signatures recueillies en faveur du texte intitulé «Bruit et désastre climatique à l’aéroport: stop!». Afin de réduire les nuisances liées à l’infrastructure, la principale proposition est la suivante: «Diminuer drastiquement le trafic après 22h, ainsi qu’avant 7h en semaine, et 8h le week-end.» 

La conseillère aux Etats écologiste et présidente de la Coordination régionale pour un aéroport urbain respectueux de la population et de l'environnement (CARPE), Lisa Mazzone précise d’emblée: «Notre démarche ne remet pas en question la présence de l’aéroport. Il est nécessaire, notamment pour la Genève internationale, mais celle-ci ne représente qu’un million de passagers. De plus, seul ⅓ des vols sont des vols d’affaires.» Ce que les pétitionnaires fustigent, c’est «l’exploitation débridée de l’aéroport».

Les vols low cost en ligne de mire

Dans leur ligne de mire: les vols low cost vers les capitales européennes. «La moitié des vols sont dus à easyJet», fustige Me Jean-Daniel Borgeaud. C’est lui qui, en tant qu’avocat, mène le combat sur le plan juridique: à savoir le recours déposé devant le Tribunal fédéral par 24 communes genevoises, vaudoises et françaises, des associations et des particuliers, s’opposant à la décision de la Confédération, à la fin de l’année dernière, d’adouber le nouveau plan d’exploitation de Cointrin.

La pétition intervient en complément de ce combat juridique et demande la révision du Plan sectoriel de l’infrastructure aéronautique pour l’aéroport de Genève. Le PSIA, de son petit nom, «planifie une augmentation de 17,5% d’ici 2030 par rapport au nombre d’avions qui ont décollé ou atterri en 2019.» On parle ainsi de 25 millions de passagers et passagères en 2030 et 236’000 mouvements par an.  De quoi faire frémir les riverains de l’aéroport.

«Un quart des émissions de CO₂ du canton»

Dénonçant la «boulimie aéroportuaire», le maire de Vernier, le Vert Mathias Buschbeck souligne: «Il y a des dizaines de milliers de gens qui souffrent (25’000 selon les chiffres officiels); des enfants qui ne peuvent pas dormir la nuit.» Et Jean-François Bouvier, vice-président de la CARPE d’ajouter: «25% des émissions de CO₂ au niveau cantonal sont produits par l’aéroport. De quoi ruiner les efforts fournis par tous les autres secteurs.» Aux conséquences sur la santé et l’environnement, s’ajoute l’impact sur l’aménagement du territoire. «A titre d’exemple, Genthod est à 80% non constructible», indique l’élu verniolan. 

«Si le prix à payer est de rendre inconstructible une partie du territoire et que des milliers de gens soient confrontés au bruit, alors, c’est que l’équilibre actuel n’est pas bon!», lance Lisa Mazzone en guise de conclusion, avant de repartir en vélo sous la pluie.

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