Lausanne – Les deux médecins militants pour XR ont été condamnés

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LausanneLes deux médecins militants pour XR ont été condamnés

Valérie D’Acremont et Blaise Genton ainsi que leurs camarades écopent d’une peine pécuniaire avec sursis. Les deux médecins avaient participé à une manifestation de blocage de rue avec Extinction Rebellion en 2019.

Les explications de la médecin Valérie D’Acremont à l’ouverture du procès.

20 min/Robin Baudraz

Sans grande surprise étant donné les jugements précédents dans ce qu’ils appellent le Procès des 200, les douze militants climatiques jugés depuis lundi par le Tribunal d’arrondissement de Lausanne ont perdu. Ils ont été reconnus coupables d’entrave aux services d’intérêt général, empêchement d’accomplir un acte officiel et violation des règles de la circulation lors du blocage de la rue Centrale à Lausanne en 2019. Parmi eux, les médecins stars de la lutte contre le Covid, Valérie D’Acremont et Blaise Genton, ont également été condamnés. 

Elus punis plus lourdement

Malgré des plaidoiries dont le juge a reconnu la sincérité, celui-ci s’est montré inflexible. Il a estimé que compte tenu du dispositif policier, les militants ne pouvaient ignorer que la manifestation n’était pas autorisée, et que le blocage pendant plusieurs heures d’une rue passante au moyen de blocs de béton constituait une entrave importante à l’ordre public. Malgré la non-violence de l’action, Lionel Chambour a jugé que l’obstacle créé aux voitures, bus et ambulances (point contesté par les militants) rendait la manifestation non pacifique.

La rue Centrale avait été bloquée de 10h à 16h environ, et s’était soldée par une évacuation par la police.

La rue Centrale avait été bloquée de 10h à 16h environ, et s’était soldée par une évacuation par la police. 

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Enfin, se référant à un arrêt récent du Tribunal fédéral, il a considéré que le dérèglement climatique, bien qu’incontestable tout comme les mesures nécessaires pour le contrer, ne pouvait être considéré comme un danger imminent, ce qui a provoqué des rires jaunes dans l’assemblée. Le moyen choisi n’était pas le seul moyen possible pour le combattre, excluant l’utilisation du concept d’«état de nécessité»

Les douze militants ont été condamnés à une peine pécuniaire de 15 jours-amendes, à l’exception des élus communaux, dont le juge a estimé que la culpabilité était alourdie par le serment qu’ils avaient prêté; ils écopent, eux, de 20 jours-amendes. Ceux-ci ont été fixés à 30 fr., sauf pour les deux médecins qui disposent d’une situation confortable; leur jour-amende s’élève à 200 fr. Tous devront également payer une amende ainsi que les frais de justice. 

Vives réactions

«Une honte», ont clamé des membres du public dès la levée de l’audience. «Le droit de la bagnole a surpassé celui des humains», a critiqué une des condamnés. Elle et ses camarades feront appel. «Tout ce qu’on a dit n’a servi à rien face à une carapace en béton armé, a regretté le responsable de la campagne de vaccination du canton, Blaise Genton. La lourdeur des peines, on s’en fiche un peu, mais c’est la condamnation qui fait mal.»

Son épouse et infectiologue de renom Valérie D’Acremont, conseillère communale à Lausanne, estime toutefois qu’alourdir sa sanction en tant qu’élue va à l’encontre de son rôle tel qu’elle l’a compris. «Je me suis engagée en politique comme militante, et j’ai désobéi dans le but de protéger la population, a-t-elle expliqué. Pour moi, ça fait donc partie de ma fonction d’élue et de médecin. D’ailleurs, qu’on ne vienne pas me dire que le danger n’est pas imminent: la pandémie est arrivée deux mois après la manifestation.»

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