Le temps perdu dans les bouchons explose: Berne est impuissante

Publié

Mobilité en SuisseLe temps perdu dans les bouchons explose: Berne est impuissante

Les routes nationales n'arrivent plus à absorber le trafic dans notre pays. Le temps perdu dans les embouteillages a augmenté de 22% l'an dernier. La Confédération ne sait plus quoi faire.

Les routes nationales suisses n'arrivent plus à absorber le volume de trafic.

Les routes nationales suisses n'arrivent plus à absorber le volume de trafic.

Tamedia AG

Les voitures sont toujours plus nombreuses sur les routes nationales de Suisse mais les infrastructures ne suivent pas. Résultat des courses: les automobilistes ont passé 48'807 heures cumulées dans les embouteillages l'an dernier, en hausse de 22% par rapport à 2022, annonce lundi l'Office fédéral des routes (Ofrou). Ce chiffre constitue un record.

Les autorités compétentes avouent être à court de solutions: «Cette évolution met désormais en cause la stabilité et la capacité de résilience du système. Les routes nationales ne peuvent ainsi plus faire face aux surcharges de trafic en dépit des nombreuses mesures prises par l’Office fédéral des routes pour optimiser le flux de véhicules». Réduire la vitesse ou élargir le passage en empiétant sur la bande d'arrêt d'urgence sur certains tronçons ne suffit plus, alerte l'Ofrou.

Référendum «dogmatique»

Ces chiffres ne font assurément pas les affaires des opposants aux investissements prévus en Suisse. Un référendum de l'Association transports et environnement (ATE), soutenu par le PS et les Verts, contre «la folie autoroutière» veut empêcher les investissements prévus par le Parlement. Il est notamment question d'élargir à six voies le tronçon de l'A1 entre Nyon et Le Vengeron. L'ATE considère que créer davantage de place pour les automobilistes ne fera qu'augmenter le nombre de voitures et ne permettra pas d'atteindre les objectifs climatiques. Les Villes de Genève, de Nyon et de Vernier se sont d'ailleurs officiellement prononcées en défaveur du projet.

A l'inverse, plusieurs milieux économiques vaudois et genevois ont lancé une campagne commune ce lundi pour qu'un «oui» soit glissé dans les urnes. «Ce référendum dogmatique fait fi des réalités vécues par de nombreux usagers qui subissent tous les jours les conséquences d’une pression croissante sur les infrastructures», écrit le Centre patronal allié à quatre autres organisations de l'Arc lémanique. La faîtière des PME suisses, l'USAM, a aussi appelé à accepter les investissements lundi, après la parution des chiffres de l'Ofrou. La votation pourrait avoir lieu avant la fin de l'année.

Près de la moitié du trafic

Les routes d'importance nationales, gérées par la Confédération, ne représentent que 3% du réseau suisse, mais elles ont absorbé environ 45% du volume de trafic routier l'an dernier, précise l'Ofrou. La hausse de près d'un quart du nombre d'heures de bouchons enregistrées en un an alors que le trafic global n'a augmenté que de 1,5% dans le même temps souligne «les limites du réseau», commente la Confédération. Les routes nationales sont sollicitées par le transport de marchandises. Elles ont absorbé 68% du trafic  de camions, camionnettes et autres véhicules de livraison.

(jba)

Ton opinion

399 commentaires
L'espace commentaires a été desactivé