ParlementLes partis pourront toujours recevoir de juteux dons des banques
La motion socialiste qui voulait empêcher le financement des partis par les entreprises d'importance systémique a été coulée par le centre et la droite.

Les banques systémiques seront toujours autorisées à financer les partis politiques en Suisse.
20min/Matthias Spicher«Nous discutons aujourd'hui de l'un des problèmes les plus importants auxquels ce Parlement est confronté.» Telle a été l'entrée en matière du coprésident du Parti socialiste, Cédric Wermuth, lors du débat au Conseil national sur la proposition du PS d'interdire le financement des partis politiques par les grandes banques. «Il est choquant que des entreprises en mains publiques ou bénéficiant d'une garantie de l'Etat exercent une influence sur la formation de l'opinion politique par le biais de dons», disait le PS dans son texte.
Mais l'idée n'a eu aucune chance dans un Parlement à majorité de droite. Les débats ne se sont pas éternisés, seuls quelques élus PLR ayant pris la parole, notamment pour rappeler le fait que «vous, en tant que PS, avez accepté au fil des ans des centaines de milliers de francs de grandes banques, cachés par le biais d’une fondation afin que personne ne s’en aperçoive», a taclé Hans-Peter Portmann (PLR/ZH).
Clivage gauche-droite
Il faisait référence au fait que, notamment en 2022, la Fondation Anna Klawy-Morf avait accepté, à la place du PS qui l'avait refusé, un don de 191'000 francs de la part de Credit Suisse. Cette fondation, «qui s'engage en faveur de la démocratie sociale», selon sa propre description, a été fondée par le PS. «Elle est reconnue comme une organisation à but non lucratif et n’a rien à voir avec nous», a contesté Cédric Wermuth, affirmant qu'elle et le PS fonctionnent indépendamment.
Au vote, tous les élus socialistes et verts ont voté pour la motion alors que tous ceux du Centre, du PLR et de l'UDC ont voté contre, aboutissant à un rejet par 117 voix contre 58. Le Conseil des États donnera à son tour son avis, jeudi.