A Genève, une Pride 2023 festive mais surtout politique

Publié

GenèveUne Pride pour clamer: «On a tous le droit d’exister!»

L’association qui organise la Marche des Fiertés et ses à-côtés promet une manifestation LGBTIQA+ festive mais avec de vraies revendications politiques.

La dernière Marche des Fiertés organisée à Genève, en 2021, avait attiré 30’000 personnes.

La dernière Marche des Fiertés organisée à Genève, en 2021, avait attiré 30’000 personnes.

Capture d’écran genevapride.ch @lyketil-digitallab4169

Le mariage pour tous est récemment entré en vigueur*, le droit de changer de sexe à l’état civil* aussi, et pourtant, tout n’est pas rose pour la communauté LGBTQIA+. «Lorsque nos droits avancent, la violence à notre égard augmente également», observe Daphné Villet, coprésidente de l’association Geneva Pride. Elle note également les discours de plus en plus «décomplexés» de certains «politiciens de droite», qui «légitiment les personnes à ne plus avoir de filtre», notamment sur les réseaux sociaux, mais pas seulement. C’est dans ce contexte polarisé qu’a été présentée ce mardi la Pride romande 2023, organisée au bout du lac, du 6 au 10 juin, avec en point d’orgue la Marche des Fiertés lors de laquelle avaient défilé 30’000 personnes en 2021.

Festif, mais d’abord politique

Par conséquent, ladite Marche sera certes festive – «car c’est mieux de faire passer des messages avec de la joie et des sourires qu’avec de la haine et de la rage», juge Xavier Lavatelli, coprésident de l’association- mais il ne s’agira pas du tout d’une Lake Parade bis, insistent les organisateurs. «La Pride et la Marche sont politiques avant tout.» Les 23 véhicules musicaux qui la parsèmeront seront ainsi surmontés exclusivement de «messages militants» relatifs à la cause LGBTQIA+.

Trois revendications phares

La manifestation portera trois revendications en particulier, sur les cinquante compilées par l’association: l’extension à la transphobie de l’article du code pénal qui réprime déjà, notamment, l’homophobie et le racisme; l’interdiction au niveau national des thérapies de conversion (qui le sont depuis peu à Neuchâtel et contre lesquelles le Conseil d’Etat genevois vient de déposer un projet de loi); et l’autodétermination des personnes intersexes (ce qui revient à ne pas intervenir sur les organes génitaux d’enfants sans leur consentement ni nécessité vitale).

«Mêmes besoins, mêmes devoirs, mêmes droits»

Il y a donc des demandes sectorielles, toutes issues d’une supplique générale: être traité comme tout le monde. Yolanda Martinez, secrétaire de l’association, le dit ainsi: «Nous avons les mêmes besoins que tous: être aimés, reconnus; nous avons les mêmes devoirs: payer des impôts, respecter la loi; nous aimerions simplement les mêmes droits que les autres.» Alors que Daphné Villet, elle, opte pour cette formulation: «S’il y a plein de sujets qui peuvent être débattus, l’existence des personnes n’a pas à l’être. On a tous le droit d’exister.» 

*Selon la Geneva Pride, 749 «mariages pour tous» ont été célébrés en Suisse depuis juillet 2022. Par ailleurs, 1171 changements de sexe à l’état civil y ont été enregistrés depuis janvier 2022: 616 d’homme à femme, et 555 de femme à homme.  

Une semaine d’événements

   

Ton opinion