Votations du 24 novembre«Chaque nouvelle route contribue à l’effondrement du vivant»
Les organisations opposées au financement de cinq extensions autoroutières ont présenté leurs arguments. Les partisans voient tout l'inverse.

Une troisième voie entre Nyon et Genève, en voudrez-vous? Réponse le 24 novembre en votations.
LMSOn n'a pas encore passé les votations du mois de septembre que déjà la campagne pour celles du mois de novembre est bien lancée. Mercredi, plusieurs organisations ont présenté leurs arguments pour demander au peuple de refuser, le 24 novembre, les cinq projets d'extensions autoroutières prévues. Quatre de ces cinq réalisations auront lieu loin de chez nous, côté alémanique. Mais l'une d'entre elles concerne l'autoroute entre Nyon (VD) et Le Vengeron (GE).
Les opposants n'hésitent pas à peindre le diable sur la route (celle qui n'est donc pas encore construite). Élargir une autoroute, c'est contre-productif, ça nuit au train, ça nuit au climat, ça nuit à la nature; bref, il n'y a vraiment rien à garder de positif. Il y a notamment des inquiétudes pour la très décriée ligne ferroviaire Lausanne-Genève. «La topographie et la densité du bâti à La Côte sont telles qu’il manquerait de place pour réaliser la troisième voie de train une fois l’A1 agrandie», relève notamment l'Association transports et environnement.
De plus, selon les opposants, on sait qu'élargir une route crée un appel d'air. D'après les calculs, dix ans après l'extension, il y aurait déjà de nouveau autant de bouchons que sans celle-ci. Que dire de la nature et des riverains? «Bétonner davantage le territoire et favoriser le transport individuel fonctionnant aux énergies fossiles est inadmissible, selon le WWF. Chaque nouvelle route contribue à l’effondrement du vivant. En plus de se construire sur des milieux naturels et agricoles, elles créent de véritables barrières physiques, sonores et lumineuses qui affectent lourdement la nature et la qualité de vie des habitants.»
À droite, c'est oui
En juillet, les partisans des projets avaient déjà déployé des arguments. Opposer le rail et la route n'est pas très productif, et ils ne s'étaient pas gênés de rappeler que, quand des crédits avaient été votés pour le développement du réseau ferroviaire, ils n'avaient pas, eux, lancé de référendum, comme l'ont fait les milieux de gauche dans le cas des routes.
«La nouvelle étape d’aménagement autoroutière est absolument nécessaire pour adapter les infrastructures à la croissance des besoins de la Suisse», avait notamment expliqué le directeur du Centre patronal Christophe Reymond. D'ailleurs, selon lui, on ne peut pas vraiment parler de «développement». Vu la croissance démographique de l'arc lémanique, il s'agirait plutôt d'une «mise à niveau».