Étude d'UBSÀ ceux qui rêvent de devenir propriétaire un jour: bonne chance
La situation du marché immobilier est défavorable à l'accès à la propriété et ça ne devrait pas aller vers le mieux ces prochaines années.

À l'avenir encore, de moins en moins de monde pourra s'acheter un logement.
20min/Marco ZanggerPrenez le «logement médian», c'est-à-dire l'appartement ou la maison dont le prix se situe au milieu de l'échelle de tous les biens immobiliers en Suisse. La moitié coûte plus cher, la moitié coûte moins cher. Combien de personnes dans le pays peuvent l'acheter? Il y a vingt ans, 60% des ménages avaient de quoi en devenir propriétaire. Aujourd'hui, pour un prix de 880'000 francs, ce chiffre est tombé à 15%. Il illustre la difficulté grandissante pour accéder à la propriété. Ce taux va-t-il continuer à baisser? «Oui», répond sans hésitation Thomas Veraguth, expert en immobilier chez UBS.
En conférence de presse jeudi, il a analysé les évolutions sur le marché et constaté qu'il n'y avait «que des signes défavorables» pour l'avenir. Aujourd'hui, pour avoir la capacité financière d'acquérir le logement médian au prix qu'il coûte à Genève, il faudrait, pour un ménage, un revenu brut de 300'000 francs par an. Conséquence: les gens partent en périphérie, là où c'est moins cher, mais la forte demande dans ces régions entraînent à son tour une hausse des prix là-bas. «Le canton de Fribourg a vu ses prix augmenter plus que la moyenne, d’environ 4% en 2023», constate UBS.

Si vous pouvez acheter, faites-le
Pour l'expert, les personnes qui peuvent se permettre d'acheter ne devraient pas hésiter et ne pas rester locataires. Car bien que «les plus fortes augmentations de loyer sont derrière nous» et que les hausses de taux hypothécaires avaient rendu la propriété moins attrayante, à long terme, «ça vaut la peine d'acheter. La propriété va redevenir intéressante, même si elle va rester chère».
Malgré leur prix toujours plus élevé, les logements sur le marché trouvent quand même aisément preneurs, notamment grâce à l'immigration de gens bien formés. «Il s’agit souvent d’une main-d’œuvre dont le revenu et le patrimoine sont suffisants pour accéder à la propriété», relève UBS.
La politique fait du sur place
Sur les 20% de fonds propres qu'il faut amener au moment d'acheter, au moins la moitié ne doit pas provenir des avoirs du 2ème pilier. Le parlement a discuté d'abaisser cette limite, mais a finalement refusé, en 2022. La crainte était que la demande serait dopée, ce qui rendrait les biens sur le marché encore plus chers. Le Conseil fédéral est aujourd'hui chargé d'analyser des mesures d'encouragement à la propriété. Mais il annonce la couleur: «Compte tenu de la situation tendue des finances fédérales, il n’existe guère de marge de manœuvre permettant de réactiver l’encouragement à la propriété financé par la Confédération.»
Espérez-vous devenir propriétaire un jour?