Genève«Le sexisme continue de tuer»
La Ville, le Canton et des associations féministes lancent une campagne de sensibilisation afin de lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Durant le mois de novembre, des ateliers et des animations seront proposés au public.

1743: c’est le nombre d’infractions pénales pour violences domestiques recensées en 2022 à Genève. Soit une hausse de 3% par rapport à l’année précédente. «Et ce n’est que la pointe de l’iceberg. La plupart des violences restent non rapportées», précise Nathalie Fontanet, conseillère d’État à la tête du Bureau de promotion de l’égalité et de prévention des violences.
Pour la première fois cette année, le Canton et la Ville de Genève, en collaboration avec les associations actives dans le domaine, lancent une campagne de sensibilisation pour en finir avec les violences sexistes et sexuelles. «Malgré une prise de conscience et des avancées notables, le sexisme continue de tuer, a relevé le maire de la Ville, Alfonso Gomez. La prévention doit être à la hauteur des enjeux.» En 2023, treize féminicides ont déjà été signalés en Suisse.
Un programme diversifié
Ainsi, en marge de la journée internationale pour l’élimination des violences liées au genre, le 25 novembre, un programme d’envergure sera proposé à la population. Outre une campagne d’affichage, des ateliers, animations et tables rondes se dérouleront du 6 au 26 novembre. Le public pourra notamment s’inscrire à des ateliers sur le consentement, sur la manière de réagir (et d’agir) quand on est témoin de violences ou encore à des escape games féministes. Des cours de self-défense seront également organisés. Un site internet regroupant des informations sur les ressources et les aides disponibles a également été mis en ligne et continuera d’exister par la suite. Enfin, une ligne téléphonique destinée uniquement aux victimes va voir le jour.
L’éducation comme prévention
Parallèlement à ces actions, le Canton prévoit de lancer une enquête courant 2024 afin d’obtenir une vision d’ensemble de ces violences sexistes et sexuelles. Une révision de la loi sur les violences domestiques est également voulue. «Il faut en faire plus du côté des auteurs, estime Nathalie Fontanet. À l’heure actuelle, les personnes sous le coup d’une mesure d’éloignement ont l’obligation de suivre une séance avec une association spécialisée. Ce n’est pas suffisant. Qu’est-ce qu’on peut espérer faire en une séance? Rien. Il en faudrait au minimum trois.»
La prévention en milieu scolaire doit également faire l’objet d’un renforcement afin de pouvoir «détecter les cas de violence, mais aussi éviter que les enfants victimes ne reproduisent le schéma familial une fois adulte».