Mort d'Émile«Je me demandais juste quand ils leur passeraient les menottes»
Dans le hameau du Haut-Vernet, les habitants ne sont pas surpris par le placement en garde à vue des grands-parents du petit garçon.

Les voisins des grands-parents d'Émile ne sont pas du tout surpris par les derniers développements de l'affaire.
IMAGO/ABACAPRESSUn coup de théâtre qui n'en est pas vraiment un. Dans le hameau où le petit Émile a disparu le 8 juillet 2023, les habitants ne sont pas surpris le moins du monde par le placement en garde à vue des grands-parents du garçonnet, ainsi que d'un oncle et d'une tante de celui-ci. «Il n’y a pas de fumée sans feu. Vu comme ça s’est passé, j’ai toujours été convaincu qu’il ne pouvait pas ne pas y avoir d’intervention extérieure dans la disparition du petit», confie au «Parisien» un retraité souhaitant garder son anonymat.
En évoquant le grand-père d'Émile, cet ancien du village décrit un homme «rustre et brutal». «Mais dans le même temps, comment imaginer que quelqu’un qui va à la messe trois fois par jour puisse avoir quoi que ce soit à voir avec une telle horreur?» ajoute-t-il. Même son de cloche 2 kilomètres plus bas, au Bas-Vernet. «On se doutait que ces gardes à vue arriveraient», lancent trois amis en train de prendre le café.
«Franchement, si j’avais des doutes au départ, ils ont disparu quand le crâne du petit garçon a été retrouvé tout juste deux jours après la reconstitution, en mars 2024. Personne ici n’a jamais cru à la coïncidence», avance l'un d'eux. «La seule question que je me posais encore, c’est quand est-ce qu’ils leur passeraient les menottes», souffle un autre habitant. Cet homme avait participé aux battues au mois de juillet 2023, accompagné de son fils, gendarme de profession. «Dès le début, il me disait qu’il fallait regarder du côté de la famille», confie-t-il.
«Moi, j’ai jamais compris pourquoi les grands-parents avaient un avocat et les parents un autre. C’est bien qu’ils avaient quelque chose à se reprocher», estime un artisan. Mardi après-midi, après la première audition du grand-père d'Émile, son avocate a réagi auprès de BFMTV: «Peut-être que ce qui se passe aujourd'hui n'est pas ce qu'on avait escompté», a reconnu Me Isabelle Colombani. Mais «être placé en garde à vue, ça ne veut rien dire», a insisté l'avocate.