«Stop au Blackout»L'initiative pro-nucléaire a été déposée à Berne
Le texte, qui réclame entre autres l'exploitation de l'atome pour faire face aux risques de pénurie d'électricité, a récolté plus de 129'000 paraphes en quelques mois.

La gauche et les milieux écologistes sont opposés à continuer d'exploiter les centrales nucléaires.
20min/Marco ZanggerÇa y est. L'initiative populaire «De l'électricité pour tous en tout temps», surnommée «Stop au blackout», a été déposée vendredi matin à la Chancellerie fédérale. Près de 130'000 signatures ont accompagné le texte qui, face au risque de pénurie jugé «omniprésent», réclame «un approvisionnement en électricité sûr et climatiquement neutre» en Suisse.
Et pour arriver à cette fin sans tout miser sur les importations d'électricité qui «ne sont pas une solution fiable», il est nécessaire de s'appuyer sur l'atome, selon les initiants. «L'objectif «zéro net» d'ici 2050 ne peut être atteint qu’avec le concours de l’énergie nucléaire», affirme Eduard Kiener, ancien directeur de l'Office fédéral de l'énergie (OFEN) et membre du comité d'initiative. Pour le conseiller national Marcel Dobler (PLR/SG), il est même nécessaire de se pencher sur «la possibilité d’avoir de nouvelles centrales nucléaires».
Cher, dangereux et inutile, selon les opposants
Portée par les partis bourgeois, l'initiative «Stop au Blackout» est vivement combattue par la gauche et les milieux écologistes. Selon Greenpeace Suisse, par exemple, la construction de nouvelles centrales coûterait cher aux contribuables, «car les investisseurs privés n’ont aucune envie de se lancer dans des projets aussi risqués». Par ailleurs, l'ONG affirme que les risques d'accidents nucléaires resteraient «importants», même en cas de constructions de nouvelles centrales.
Le Parti socialiste, de son côté, insiste sur le fait que des nouvelles centrales «ne fonctionneraient pas avant 30 ou 40 ans». Ce, «alors que les années les plus critiques pour l’approvisionnement en électricité sont les 10 à 20 prochaines années». Pour faire face à une potentielle pénurie d'électricité, le PS s'en remet donc aux énergies renouvelables, «puisque les installations éoliennes, solaires ou hydrauliques peuvent être construites rapidement et à moindre coût».