Mobilisation pour GazaLa situation s'apaise dans certains unis, ailleurs, ça commence
Les étudiants qui occupaient l'Université de Lausanne quitteront les lieux, mercredi soir. A Genève, l'Unige a retiré sa plainte. Le mouvement a pris racine à l'Université de Neuchâtel.

Le bâtiment Géopolis, à Lausanne, est occupé depuis le 2 mai.
AFPLe mouvement aura vécu deux semaines. A l'Université de Lausanne, les étudiants qui occupent le bâtiment Géopolis quitteront les lieux ce mercredi soir, ont-ils annoncé. «Nous pensons être arrivés au bout de ce que nous pouvions gagner grâce à l’occupation», écrivent-ils. Ceux qui avaient été les premiers en Suisse à lancer ces mobilisations précisent toutefois qu'ils comptent continuer le combat «d'une autre manière». En fin d'après-midi, un rassemblement est d'ailleurs prévu sur le campus.
De son côté, l'université a indiqué que les discussions menées avec le collectif ont porté leurs fruits. Si le boycott académique réclamé par les militants est refusé, l'institution promet qu'elle incitera notamment ses chercheurs à «faire preuve de la plus grande diligence dans leurs collaborations scientifiques en cours avec un pays en contexte de conflit armé» et qu'elle créera «une cellule d’experts qui évaluera les collaborations avec des instituts scientifiques en contexte de conflit armé sous l’angle de l’éthique, de l’intégrité scientifique, du droit international et de la liberté académique».
Le conseiller d’État vaudois chargé de la formation Frédéric Borloz souligne pour sa part que: «Nous pouvons être satisfaits sur plusieurs points. Il n’y a pas eu d’intervention de police, l’occupation est terminée et le dialogue a pu être maintenu. Il n’y a pas eu non plus de violences physiques ni de déprédations. Il y a en revanche quelques regrets. Le premier est le sentiment d’insécurité qu’ont vécu, pendant trop longtemps, des étudiants ainsi que le personnel de l’Université de Lausanne. Cela n’aurait pas dû arriver, tout comme les messages entendus ou lus qu’on nous a rapportés, des messages injurieux, voire racistes et qui incitent à la haine. Enfin, il y avait clairement d’autres moyens qu’une occupation non autorisée pour manifester.»
Cela dit, des occupations propalestiniennes continuent de s'organiser sur les campus de Suisse. Un collectif a annoncé, mercredi matin, avoir pris ses quartiers dans l'Aula des Jeunes-Rives, à l'Université de Neuchâtel. Comme les autres mouvements étudiants en Suisse de ces dernières semaines, les militants demandent que la direction de l'UNINE évalue la nature de ses collaborations avec des institutions israéliennes.
L'Unige retire sa plainte
Au bout du lac, l’Université de Genève (Unige) a retiré sa plainte pour violation de domicile contre la soixantaine d'étudiants propalestiniens, évacués mardi matin, après quasi une semaine d'occupation. Selon la «Tribune de Genève», le rectorat ne saisira pas non plus le conseil de discipline pour les personnes qui ont pris part au mouvement. Une décision qui pourrait changer «si d’autres actions ou comportements devaient le justifier», précise au journal régional le porte-parole de l'alma mater, Marco Cattaneo.