Domestiques dans une cage à Zurich: l'épouse aussi est condamnée

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ZurichDomestiques dans une cage: l'épouse aussi est condamnée

Le tribunal d'Andelfingen a rendu son verdict dans l'affaire de ce couple zurichois qui enfermait ses employées de maison dans une cage, quinze heures par jour.

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«L'épouse a participé de manière significative aux privations de liberté», considère le Tribunal d'Andelfingen. Elle a attaché et enfermé les domestiques dans une cage à plusieurs reprises. Et le président d'ajouter: «Les victimes ont donné des signaux indiquant qu'elles n'étaient pas d'accord avec le traitement et qu'elles étaient malheureuses». Dès lors, le tribunal estime que la prévenue n'est pas crédible quand elle affirme qu'elle croyait que les deux jeunes femmes se soumettaient volontairement aux contraintes.

C'est ainsi que ce jeudi, la lecture du verdict de l'affaire du couple zurichois qui enfermait ses employées de maison dans une cage, quinze heures par jour, a réservé une petite surprise. Le tribunal s'est montré plus dur que le Ministère public. Ce dernier réclamait pour l'épouse 10 mois de prison avec sursis, mais elle a finalement écopé de 16 mois, avec sursis. De plus, cette Philippine de 32 ans n'ayant pas d'attache particulière avec la Suisse, elle sera expulsée du pays pour cinq ans. Son avocat a déjà annoncé son intention de faire recours. Pour rappel, il avait plaidé l'acquittement.

Quant au mari, le principal accusé, il a été condamné à 36 mois de prison, dont 9 mois ferme. Pour rappel, cette peine avait été négociée avec le procureur, en échange de ses aveux complets. Les juges ont ratifié cet accord, tout en faisant part d'une certaine réticence. Au vu des déclarations du quadra zurichois, ils ne sont pas convaincus qu'il ait pleinement pris conscience de la gravité de ses actes. Il devra en outre verser 15'000 francs de dommages et intérêts aux deux victimes.

Rappel des faits

Un Zurichois aisé a embauché une jeune Philippine en situation illégale pour travailler dans sa magnifique demeure. Sur place, elle s'est vue embarquée dans des pratiques BDSM. C'est lui qui choisissait ses petites tenues, elle était enfermée quinze heures par jour dans une cage, elle était constamment épiée par des caméras et elle était attachée pratiquement tous les jours. Tout ça, en marge de ses corvées ménagères. Son supplice a duré dix mois, jusqu'à sa fuite. Après son départ, le Zurichois l'a remplacée par une Brésilienne, qui venait pour apprendre l'allemand. Elle est restée plus d'un mois. À l'arrivée de la police, elle dormait dans sa cage, en sous-vêtements.

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